10 juillet 2009

Le second album de The Antlers

   The Antlers- Hospice

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   Ce soir je regardais Arte. Un type parlait d'"Orgie de la Tolérance", la pièce que Jan Fabre présente au festival d'Avignon. Le type qui est comédien dans cette pièce extrapolait un peu en parlant de la dimension romantique de cette dernière.

   Un aparté: au sujet du romantisme, un jour j'étais à un déjeuner avec un jeune homme qui, quand je lui ai dit que le romantisme était le mouvement littéraire qui me fascinait le plus m'a répondu "je savais que t'étais une romantique toi !". J'ai du lutter deux longues minutes  pour ne pas lui cracher mon saumon dessus en pouffant de rire. Bref, traumatisée par  ce quasi-étouffement et cette folle spontanéité je digresse.

   Donc, le comédien expliquait qu'une des caractéristiques principales du romantisme était d'emmener les sentiments passionnels à leur point de tension le plus extrême.

   J'en viens donc à la musique... Après avoir vu ce reportage je me suis plongée dans le nouvel album de The Antlers qui a tout à fait illustré ce que disait ce comédien.

   Le second album du groupe punk/classique/électro est très mélancolique. Je dirais même qu'en l'écoutant on est heureux d'être triste. Il y'a de l'oxymore dans ma tambouille, je te le concède. Toujours est-il qu'Hospice a ce charme mélancolique étrange des rares opus qui deviennent obsédants. Cet album est tellement beau dans son désespoir qu'il donne envie de croire à tout.

   C'est comme dans les blockbusters américains: il y'a toujours un moment pour le héros où c'est la loose. Donc je plante le décor: Yannis Philippakis des Foals-je dis Yannis parce que les trois new-yorkais de The Antlers font de la bonne musique mais c'est bien que ça reste audio- Yannis Philippakis donc est à une station essence, seul, fauché, sa voiture en rade au bord de la road 66 et pas la moindre idée de comment il va se sortir de cette situation. Tu le vois là non ? Il s'appuie nonchalamment sur le capot de son pick-up pourri, la tête basse, le poil gras et le jean plein de cambouis. Il est faible, il est triste et il est beau. Soudain, il entend "Epilogue" de The Antlers et là le héros redevient un super héros et c'est le happy end (sur la vidéo c'est à 3 minutes 40). Tout l'album incarne cette mélancolie à la sauce romantique (cf: Chatterton de Vigny) et ce happy end final.

   Hospice te donne envie de croire à tout, de boire une vodka, regarder la nuit qui tombe, écrire encore, te blottir contre quelqu'un qui dort déjà depuis longtemps pour finalement sourire et recommencer la nuit d'après pour la première fois.

Ecouter Hospice en streaming

MySpace de The Antlers

A paraître: du bon son électro et la critique du nouvel album de Cougar.

Posté par Magali RT à 23:06 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le second album de The Antlers

    wow

    meilleure critique musicale du siècle

    Posté par raphael, 23 août 2009 à 17:39 | | Répondre
  • re-wow

    Je n'en sais rien mais ton mot me fait sourire.

    Posté par Say Yeah, 23 août 2009 à 22:50 | | Répondre
  • Merci

    Posté par Say Yeah, 23 août 2009 à 22:59 | | Répondre
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