Say Yeah

Webzine musique à mordiller. Say Yeah aime les artistes qui ont un univers singulier. Say Yeah est allergique à la été et à la radio. Say Yeah se drogue à l'émotion.

13 novembre 2009

Interview des So So Modern

  "Certaines nuits on joue sur une scène énorme avec plus de 1 000 personnes et d'autres nuits on jouera pour un collectif anarchiste dans un immeuble abandonné avec un groupe électrogène... "

SoSoModern

   Je me souviens du jour où j'ai découvert So So Modern: j'écoute "Turn This Landscape Upside Down" (vidéo ci-dessous), je remue la tête, crie "yeah !" très fort et dans l'heure rédige un article à leur sujet. C'était au mois de mai. On retrouve chez So So Modern un alliage de rock survitaminé et de synthés électroniques fous tout à fait charmant.                                           
   A l'occasion de la sortie prochaine de leur album Crude Futures, Say Yeah a voulu leurs poser quelques questions auxquelles ils ont eu la gentillesse de répondre.

1/Comment pourriez-vous décrire votre musique ?

   Décrire  la musique de So So Modern a toujours été difficile...et le restera ! On aime utiliser des structures assymetriques, expérimenter des choses, jouer avec les rythmes et chanter pour créer quelque chose d'unique que chacun puisse apprécier et dans lequel tout le monde se retrouve. Certains diront que c'est du "noise pop" mais on ne sait pas vraiment comment l'appeler.

2/J'ai remarqué que votre musique se rapproche de ce qu'a fait At The Drive In. Quelles sont vos influences ? At The Drive In en fait parti ?

   On partage tous des influences punk-rock et hardcore, probablement des influences similaires à celles d'At The Drive In mais So So Modern a vraiment une vaste palette d'influences... de la no wave au krautrock, de l'électro au hip-hop old school, et en même temps nous sommes fans de chanteurs folk comme Woody Guthrie ! Donc, oui, beaucoup d'influences... plus tard on a évolué vers des sons plus expérimentaux et on a aussi joué avec ça dans une moindre mesure.

3/Après plusieurs EP votre premier album va sortir (ndlr: déjà sept EP à leur actif). Dans quel état d'esprit l'avez-vous enregistré ?

   L'album s'appelle Crude Futures... Ca a commencé avec ce que tu connais des So So Modern et ça a finalement pris une direction complètement différente. C'est une façon de montrer tous les extrêmes et les contrastes du groupe. Le plus violent ou le plus calme, crié ou chanté, touffu ou plus aéré, plus ou moins coordonné... Inutile de dire qu'on est très contents de ça.   

glish014/Il semblerait aussi que durant l'enregistrement de l'album vous vous êtes beaucoup isolés. C'était un besoin ?

   Oui, après tellement de temps passé en tournée, cela avait du sens pour nous de rentrer à la maison et de passer autant de temps que nous en aurions besoin pour finir cet album. La Nouvelle-Zélande est un bon pays pour se couper du monde, on est très isolés là-bas, même internet rame à cause des douze heures de décalage entre nous et beaucoup de gens avec lesquels on travaille.

5/Comment vous présentez cet album ?

   L'album sortira internationalement début février, précédé d'un EP en janvier. Heureusement, nous serons en Europe pour une mini-tournée à l'occasion de sa sortie !

6/De 2005 à maintenant vous avez fait énormément de concerts à travers toute l'Europe, où est le meilleur public ?

    Ca varie tellement: certaines nuits on joue sur une scène énorme avec plus de 1 000 personnes et d'autres nuits on jouera pour un collectif anarchiste dans un immeuble abandonné avec un groupe électrogène... Et toutes ces expériences sont plus dingues les unes que les autres ! 

7/Votre meilleur souvenir de concert ?

   Un de mes concerts favoris a été le Off Festival en Pologne... J'aurais jamais pensé qu'on aurait une réaction si surprenante du public qui nous voyait pour la première fois ! Ils étaient en délire ! Mais rapport à la question précédente, tous les concerts sont spéciaux... jouer à Gijon sur la côte espagnole ou jouer dans le sous-sol de quelqu'un en plein milieu des Etats-Unis, ensemble, tous ces concerts créent un souvenir géant de "FUN".

 

 

 

8/Quand est-ce que vous dites "yeah" ?

  A la fin de chaque concert de So So Modern !

Longue vie aux So So Modern !

MySpace des So So Modern

Site Officiel des So So Modern

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12 novembre 2009

Grasscut- "High Down"

Une symphonie pastorale électronique

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   J'ai découvert Grasscut fin août avec les titres "High Down" et "Swallow The Day". Séduite par l'atmosphère étrange de leurs compositions je m'étais promise de les suivre.

   A la première écoute j'ai pensé à Telepop Musik. Après réflexion, Telepop Musik c'est ce qu'écoutera un jeune cadre dynamique qui prétend avoir du style et du goût: "Breathe" c'est clinquant, vu et revu. "Dis tu m'emmènes au Grau-du-Roi cet été ?" Grasscut est beaucoup plus subtil et teinté que cela.

   Le son des deux anglais est un polaroïd, une capture instantanée d'une nature électronique foisonnante de sonorités mates, aigües et de bruissements divers. 

   Magiciens, Marcus O'Dair à la formation classique et Andrew Philips plus spécialisé dans la composition de B.O (il a remporté plusieurs prix dans ce domaine) manient habilement synthés, guitares et samples pour ouvrir un monde à la fois adulte, intimiste et féérique. 

   La sortie de l'album, plusieurs fois repoussée, semblerait annoncée pour fin 2009/début 2010.

   Aujourd'hui j'ai découvert le clip de "Swallow The Day": superbe. 

   Grasscut est encore une belle découverte de chez Ninja Tune.

MySpace de Grasscut

09 novembre 2009

Happy Dead Man critique "Phrazes For The Young" de Julian Casablancas

So Lonely

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   L’heure est aux aventures en solo semble-il dans le monde du rock. Doherty, Barat, Brenson, Albert Hammond Jr., Lennon, McCartney…Non, j’déconne pour ces deux derniers.

   Donc, après son guitariste qui a déjà sorti deux jolis albums pop, c’est au tour de Julian Casablancas, chanteur des Strokes de nous livrer sa galette. Je dois dire qu’après plusieurs écoutes je reste assez mitigé sur ce que je dois penser de ce Phrazes For The Young sorti le 3 novembre.

   J’aurais presque envie de paraphraser le célèbre slogan de la pub de Canada Dry que les plus anciens d’entre vous doivent connaître : "C’est la voix des Strokes, les rythmes des Strokes, mais ce ne sont pas les Strokes !" Julian nous livre là un rock halluciné mais linéaire, minimaliste qui se veut élaboré. Beaucoup de machines tissent la trame des huit chansons qui composent l’album. Un rythme amené par une drum machine des plus simpliste. Certes on perçoit les talents de mélodiste du chanteur, une recherche d’inventivité mais qui n’éclate pas. Les mélodies sont agréables, j’aime le futuriste "River Of Brakelights". Mais, là où son compère Albert Hammond Jr réussit avec un rock de facture traditionnelle et très "popisant", Casablancas pèche par une volonté de vouloir faire trop novateur et passe à mon avis à côté de son sujet. 

   Se rattrapera-t'il sur scène ?

MySpace de Julian Casablancas

06 novembre 2009

Critique de Echo & The Bunnymen par Happy Dead Man

Etre et avoir été

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   "Too old to rock n roll, too young to die !" disait Jethro Tull.

   Echo et ses homme lapins, après nous avoir servi 4 somptueux albums dans le début des 80’s s’est entêté à continuer sur une voie depuis longtemps désaffectée, sans jamais chercher à se renouveler, et s'entête avec ce nouvel album sorti mi-octobre intitulé The Fountain. On se demande ce qui leur a pris de l’écrire: c’est mou, c’est triste, c’est "mainstream" et n’apporte rien de neuf.       

   Contrairement à leur alter-égo New Order qui explore sans cesse de nouvelles contrées et tente de se renouveler à chaque album, Echo & The Bunnymen reste enfermé dans le carcan des 80’s dépressives et tout ce qu’elles avaient de mauvais: un genre et un son obsolètes. Si vous êtes fan de cette période écoutez plutôt The Big Pink, The XX ou La Roux qui sont dans un trip revival 80’s au son bien plus excitant que n’importe quel morceau de cet album d’Echo.

   Finalement la cinquantaine ne réussit pas à tout le monde, et c’est la raison pour laquelle je continuerai d’écouter de nouveaux groupes plutôt que des vieux qui n’ont pas su évoluer et que je passerai inlassablement les anciens titres d'EATB : "Villiers Terrace", "Happy Death Men", "All That Jazz" et "The Killing Moon" (un pur chef- d’œuvre).

« It’s better to burn or than to fade away ! » 

MySpace de Echo & The Bunnymen

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01 novembre 2009

Gil Scott-Heron: le précurseur du rap

  Chattering about "The Bottle" and "Message To Messengers"

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    Alors que l'hiver approche je te propose aujourd'hui de (ré)écouter Winter In America (1974) qui contient le titre phare "The Bottle" et Spirits (1994) avec son "Message To Messengers" tonitruant et le magnifique "Spirits".

   Gil-Scott Heron fut parmi les premiers avec The Last Poets et Watt Prophets à déclamer des textes sur des rythmes qui rappellent des percussions, le premier à rapper donc.

   Gil Scott-Heron est un artiste fascinant. A travers des titres comme "Message to the Messengers" ou "B Movie" il s'est engagé politiquement et a également pris des partis pris esthétiques osés sur le courant qu'il a lui-même fondé: le rap.

"if you're gonna be speakin' for a whole generation
And you know enough to try and handle their education
Be sure you know the real deal about past situations"("Message To The Messengers", tiré de l'album Spirits)

Lire les paroles en entier

  Il reproche aux rappeurs de critiquer des climats sociaux sans pour autant proposer de solutions. Le propos est d'une modernité hallucinante quand on pense à des groupes comme 113 ou la Fonky Family qui non contents de faire de la musique de merde ne proposent aucune alternative à une situation qu'ils critiquent.

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   Gilou (pour les intimes) est bien plus qu'un artiste talentueux c'est un homme qui marque son époque par son avant-gardisme et son engagement.  Son oeuvre est aujourd'hui plus moderne que jamais parce que se rappeler la façon dont GSH considère le rap c'est élever le débat du genre au-delà d'une accumulation stérile de fric et de putes et se reposer la question du rôle de la création musicale et de l'artiste. Oeuvre divertissante, commerciale ou véritable moyen d'expression pour faire avancer les idées  ? Le parti pris minimum d'un artiste c'est précisément ce parti pris esthétique- particulièrement dans le rap où le fond des textes compte autant que le reste et davantage que dans les autres genres.

   Cela dit GSH en tant qu'homme, aux dernières nouvelles, est complètement défoncé à la cocaïne et au crack mais ceci est un autre chapitre.

   Gil, I love you.

En savoir plus à propos de Gil Scott Heron

En savoir plus à propos de l'histoire du rap

30 octobre 2009

La mélodie du bonheur

Jonathan Jeremiah- "Happiness"

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    Une découverte musicale est fascinante quand le son exhorte la couleur à jaillir et appelle une émotion. C'est le cas de "Happiness", titre de Jonathan Jeremiah signé chez Island Records à paraître le premier novembre.

   A l'écoute de ce titre tu vas probablement penser que je craque un peu et que ce titre s'apparente à de la soupe. Mais la bonne soupe quand c'est bien fait c'est excellent.

   "Happiness" évoque un mélange de nostalgie douce et amère et des sourires fendus: c'est le bras d'une danseuse légèrement arqué, gracieux, et tendu vers un sommet imaginaire. La poésie de ce titre me rappelle celle de "Planes like Vultures" de Le Loup, titre gracile que j'aime beaucoup.

   C'est promis...demain, j'arrête la drogue.

MySpace de Jonathan Jeremiah

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29 octobre 2009

Choeur de brute

  Critique de The Brute Chorus par Happy Dead Man

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   Comme leurs copains de Lord Auch (prononcez "Lord Oc"), les membres de The Brute Chorus jouent un rock'n roll voire un rockabilly sombre, désincarné et complètement déstructuré.

   Je les ai découvert à l’occasion de la sortie d’une poignée de singles percutants :"Chateau" et "She Was Always Cool", entre autres. La bande a sorti ce mois-ci son premier album éponyme.
   L’enregistrement "live" (on entend le public qu’à la toute fin des morceaux) et en une seule prise ajoute à la tension ambiante. Le groupe joue sans cesse sur le fil du rasoir. A tout moment on est proche de l’explosion. Un croisement entre des Cramps de la première heure et un Elvis Presley qui enfin se serait mis à faire de rock.   
   Mon morceau préféré reste leur dernier single en date "All The Pilgrims" dans lequel le chanteur déclame qu’il est "un pêcheur et non croyant", soutenu en cela par une basse au son exceptionnel que je n’avais plus entendu depuis le "Rattus Norvegicus" des Stranglers et le "41" de Swell.

   The brute chorus c'est: un groupe à suivre et un album à ne pas manquer.


MySpace de The Brute Chorus

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27 octobre 2009

Ah les filles !

Chronique de Girls par Happy Dead Man

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   Brooklyn on le sait maintenant, est le nouveau creuset d’un certain rock, musique et état d'esprit, new yorkais (devrais je dire américain ?).
   Aussi Girls ne faillit pas à la règle et file droit sur les traces de ses prédecesseurs notoires et célèbres que sont MGMT et Passion Pit.

   Seulement ici, les machines, lorsqu’il y en a, sont au service des guitares qui rappellent parfois Jesus & the Mary Chain (big bad mean mother fucker) et ce surf rock sous acide, soit My Bloody Valentine en un shoegazing accéléré. Le groupe crée ainsi une musique loriginale, dansante, explosive, jouissive. Il n’est que d’écouter leur affolant "Lust For Life" (non ce n’est pas Iggy Pop), pour se calmer ensuite avec la balade sensuelle de "Hellhole Retrace". Je délivre une mention toute spéciale (mais c’est un choix très personnel) à "Laura".

   Si je devais définir ces filles (qui d’ailleurs n’en sont pas) je dirais que ce sont des Virgins, moins pop et beaucoup plus rock et des MGMT moins électro mais tout aussi déjantés.
   Assurément, cette génération d’américains est là pour épauler voire concurrencer de haute manière un certain rock british. Cela n’est pas pour me déplaire.


MySpace de Girls

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19 octobre 2009

Un mot de la tenancière...

   Alors que le site internet de Say Yeah tout neuf et tout beau devrait voir le jour sous peu, j'ai le plaisir de t'annoncer qu'un nouveau rédacteur du doux nom de Happy Dead Man me rejoint. Tu verras il est sympa et c'est un mordu de rock. Je publierai ses articles dès lundi.

    Pour que tu patientes sagement jusqu'à l'arrivée d'Happy Dead Man je te propose un remix de "Pop The Glock" d'Uffie. Attention il est vraiment très bon (dis-je en me trémoussant sur ma chaise).

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13 octobre 2009

Keep She Keeps Bees

   She Keeps Bees- Nests

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   Sur les conseils d'un ami j'écoute ce soir She Keeps Bees. Sensuelle et brute la musique de ce groupe de Brooklyn dodeline aux frontières du rock, de la folk et de la soul.

   She Keeps Bees aka Jessica Larabee (guitare et chant) et Andy Laplant (batterie) après un premier EP, Revival, sort ce mois-ci son album Nests. Comparable à du très bon PJ Harvey mêlé à du Cat Power je suis heureuse de t'annoncer que cet opus fait parti de ces rares très bons albums rock qui sortent en ce moment.

   Bien que "Stutter" ne figure pas sur le dernier opus du groupe c'est ma vidéo préférée. Rien d'étonnant puisqu'elle fait partie des vidéos lives les plus PJ Harveyesques.

MySpace de She Keeps Bees

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